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Ouverture avec la nouvelle récolte

Les Oliviers Anciens de Tikhyamine

Patrimoine vivant · Le haut Melloulou, province de Guercif

À Tikhyamine (33,9475 N · 3,7631 O), à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Guercif, le Melloulou traverse une gorge dans la montagne. Sur le fond de la vallée, au pied des falaises, un ruban d'oliviers de près d'un kilomètre de long occupe le sol d'une paroi à l'autre — dense, haut, profondément ombragé, et vert en plein mois d'août quand tout ce qui le surplombe est devenu pierre et paille. C'est le quatrième terroir que nous documentons, et c'est la même rivière qu'à Souihla, loin en amont.

L'oliveraie de Tikhyamine occupant le fond de la gorge du Melloulou, province de Guercif

Les Oliviers Anciens de Tikhyamine — 2 min 26 s. La seule voix du film est celle de notre guide, en berbère.

Une seule rivière, de la gorge à la plaine

L'oued Melloulou prend sa source dans le Moyen Atlas et file vers le nord jusqu'à la Moulouya. Nous l'avons maintenant parcouru en deux points très différents. À Souihla, c'est une rivière de vallée, qui étale son limon sur des champs ouverts. Ici, à Tikhyamine, c'est encore une rivière de montagne — rapide, vert pâle, tressée sur des bancs de gravier entre des parois érodées. La même eau, le même bassin versant, deux endroits entièrement différents pour être un olivier. Lus ensemble, le Melloulou n'est pas un lieu mais un corridor, et les vergers qui le jalonnent sont les chapitres d'une même histoire.

Tout ce qui a de la valeur, dans le ruban irrigué

Le terrain plat est rare dans une gorge, et rien ne s'y perd. Une séguia — un canal d'irrigation en terre — court tout le long de la berge, portant par gravité l'eau de la rivière aux racines de chaque arbre. Les oliviers dominent, mais ils ne sont pas seuls : de vieux caroubiers se tiennent parmi eux, avec des figuiers, des grenadiers, des palmiers-dattiers et des peupliers, et de petites parcelles en terrasses de maïs et de légumes montent le versant derrière. Les maisons sont perchées au-dessus, sur le rocher, hors du passage des crues, tournées vers la verdure. C'est le dessin d'une oasis de montagne, et cela ne s'obtient pas vite.

Des arbres qu'on cueille par en haut

L'eau et la compétition pour la lumière ont donné à ces oliviers une forme que nous n'avions vue sur aucun de nos autres sites. Là où les arbres de montagne de Kaf El Ghar sont bas et étalés, ceux d'ici sont hauts, étirés vers le ciel, leurs troncs dressés en rangs sous une canopée fermée. Plusieurs tiges montent d'une seule souche énorme, polie et renflée là où l'arbre a été coupé puis a repoussé, génération après génération, depuis ses propres racines. Notre guide a résumé la hauteur simplement : si vous appelez l'homme qui travaille là-haut dans un arbre pour venir boire un verre de thé, il ne viendra pas — descendre et remonter lui coûte trop de sa journée.

Vieux, et en besoin de soins

Nous préférons décrire un lieu tel que nous l'avons trouvé. Les cimes de Tikhyamine portent une lourde charge de gui, ce parasite qui s'ancre dans le bois et affame lentement la branche au-delà de lui ; par endroits, les rameaux au-dessus d'un point d'ancrage sont déjà morts. Les berges s'érodent et des plateaux racinaires sont à nu. Rien de tout cela n'est un secret pour ceux qui cultivent ici — c'est simplement ce qui arrive quand des arbres aussi hauts sont aussi difficiles à atteindre. Le consigner fait partie d'une documentation honnête du verger, et de l'argumentaire pour qu'il reçoive de l'aide.

Du volume à la valeur

Identifier, documenter et célébrer les oliveraies anciennes de la région est au cœur de notre travail. Tikhyamine est l'un des nombreux terroirs que nous documentons à travers la province. Notre objectif est de relier chaque bouteille à un lieu que nous avons parcouru, à un producteur que nous connaissons et à une histoire que nous pouvons assumer.

Ce que nous n'affirmons pas. Nous ne donnons d'âge à aucun arbre en particulier, et nous ne prétendons pas encore savoir comment ce verger a commencé — oléastre sauvage greffé sur place, ou arbres établis à dessein le long du canal qui les abreuve. Le bois d'olivier ne se prête pas à un comptage fiable des cernes, et un arbre qui se renouvelle sans fin depuis sa propre souche déjoue de toute façon la question. Nous préférons le dire plutôt que deviner.

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