Les Oliviers Anciens de Souihla
Patrimoine vivant · La vallée du Melloulou, Guercif
À Souihla (34,1117 N · 3,6965 O), les oliviers se dressent sur le fond de la vallée du Melloulou, là où la rivière fait le travail que la pluie fait ailleurs. Quand l'oued Melloulou entre en crue, il étale un limon fin sur ces champs — des alluvions descendues du massif du Bou Iblane, au cœur du Moyen Atlas — et les vergers s'en abreuvent. C'est le troisième terroir que nous documentons, et il montre à quel point un vieux pays d'oliviers peut être irrigué autrement.
Le verger de Souihla — vallée du Melloulou, province de Guercif
Abreuvés par le Melloulou
L'oued Melloulou prend sa source dans le Moyen Atlas et, en crue, emporte la montagne avec lui — le limon fin qui donne à la vallée son caractère, déposé sur les terres saison après saison, venu jusque des pentes du Bou Iblane. Au cœur de l'été, quand les terres alentour ont jauni, Souihla reste verte : le maïs et l'herbe montent entre les troncs, les roseaux se pressent au bord de l'eau, et les oliviers gardent leur couleur. C'est un paysage à deux récoltes — la culture au sol et l'olive au-dessus — partageant une même source d'eau.
La silhouette des arbres du fond de vallée
Les arbres sont monumentaux à la manière de la région : des troncs énormes et crevassés, plusieurs tiges s'élevant d'une même souche, espacés par le terrain plutôt que par un quelconque plan de plantation. Nourris régulièrement par la rivière, ils s'étalent largement et portent de lourdes frondaisons qui jettent une ombre profonde sur la terre dégagée à leurs pieds. Ils sont indéniablement vieux, et indéniablement soignés — le sol travaillé, l'eau conduite, l'herbe maîtrisée autour de chaque souche.
Du volume à la valeur
Identifier, documenter et célébrer les oliveraies anciennes de la région est au cœur de notre travail. Souihla est l'un des nombreux terroirs que nous documentons à travers la province. Notre objectif est de relier chaque bouteille à un lieu que nous avons parcouru, à un producteur que nous connaissons et à une histoire que nous pouvons assumer.
Ce que nous n'affirmons pas. Nous ne donnons d'âge à aucun arbre en particulier, et nous ne prétendons pas savoir comment ce verger a commencé — oléastre sauvage greffé sur place, ou arbres plantés dès l'origine. Le bois d'olivier ne se prête pas à un comptage fiable des cernes, et l'arbre se renouvelle sans fin depuis sa propre souche. Nous préférons le dire plutôt que deviner.