L'huile d'olive de Guercif a été désignée candidate à une reconnaissance géographique il y a des années. Le travail, aujourd'hui, consiste à achever ce que cette reconnaissance a commencé.
Il arrive qu'un territoire découvre que quelqu'un, quelque part, a déjà couché par écrit ce que ses habitants ont toujours su. Pour Guercif et son huile d'olive, ce moment est consigné.
En 2010, une étude technique et juridique commandée par le Conseil oléicole international a entrepris d'identifier les produits marocains porteurs d'un potentiel d'indication géographique — ce label d'origine protégée qui dit à un acheteur, où qu'il soit dans le monde, qu'un produit vient d'un lieu précis, élaboré d'une manière précise, et ne pourrait venir de nulle part ailleurs. Parmi les candidats désignés figurait l'huile d'olive de Guercif.
Cela mérite qu'on s'y arrête un instant. Le patrimoine de l'huile d'olive de Guercif n'est pas une histoire que nous aurions inventée pour vendre une bouteille. Il a été évalué, sur ses mérites, par l'une des principales autorités mondiales en matière d'huile d'olive — et le dossier a été jugé fondé.
Ce que l'étude a constaté
L'étude a mis en avant les éléments qui, réunis, rendent une huile digne de porter son propre nom protégé :
- la longue tradition de la culture de l'olivier à Guercif ;
- le rôle central de la variété Picholine, colonne vertébrale de l'huile d'olive marocaine ;
- une huile considérée comme typique de sa région — portant la marque d'ici et de nulle part ailleurs ;
- un savoir-faire de production établi, entre les mains des producteurs et des mouliniers locaux ;
- et une réputation qui dépassait déjà les frontières de la province.
Tradition, variété, typicité, savoir-faire, réputation. Ce sont précisément les piliers sur lesquels se construit une indication géographique. Guercif les réunissait tous les cinq.
Le potentiel n'est pas la reconnaissance
Nous voulons être honnêtes sur ce que cela signifie — et sur ce que cela ne signifie pas — car l'honnêteté est la raison d'être même d'un label d'origine.
Guercif ne détient pas aujourd'hui d'indication géographique officiellement enregistrée. L'étude de 2010 a identifié un potentiel — elle n'a pas conféré une reconnaissance. Entre un candidat et un certificat, il y a un vrai travail : la documentation, les analyses, les démarches, l'organisation des producteurs autour d'un cahier des charges commun.
Mais cet écart n'est pas une faiblesse de l'histoire. Il est l'histoire. Un potentiel reconnu qui n'a jamais été mené jusqu'au bout n'est pas une porte fermée — c'est une invitation ouverte. Le dossier était déjà constitué. Il n'attendait que quelqu'un pour le reprendre.
Là où le travail commence
Guercif possède déjà les fondations d'une identité oléicole singulière : des vergers anciens, des oliviers monumentaux dressés comme des anciens à travers le pays, des générations de savoir traditionnel, et le caractère particulier que ses terroirs de montagne impriment à chaque récolte. Ce dont ces fondations ont besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'invention. Elles demandent à être documentées, protégées, et estimées à leur juste valeur.
Cela signifie un travail concret, ingrat, essentiel :
Un inventaire des vergers patrimoniaux de la région, pour que les arbres les plus anciens et les plus remarquables soient connus et nommés. Une récolte traçable, pour qu'une huile puisse être suivie d'un verger précis à une bouteille précise. Des analyses de qualité selon les normes internationales, pour que l'excellence soit mesurée, et non simplement affirmée. Une trituration maîtrisée, pour que le caractère traverse le pressoir intact. Et une image de marque premium, pour que l'huile finie atteigne les acheteurs qui apprécient précisément ce qui la rend rare.
Faites cela, et l'opportunité inachevée de 2010 devient vivante — et le dossier sérieux d'une future reconnaissance géographique peut, enfin, être construit.
Pourquoi nous, et pourquoi maintenant
Le travail commence là où il devrait toujours commencer : par les arbres, les agriculteurs et les preuves. Non par un argument marketing, mais par les vergers eux-mêmes et par ceux qui les ont gardés.
C'est exactement là que Guercif.com entend commencer. Nous ne sommes pas là pour accoler un nom célèbre à un produit ordinaire. Nous sommes là pour aider à achever une reconnaissance que l'huile d'olive de Guercif a été jugée mériter il y a longtemps — et pour faire en sorte que, cette fois, le dossier soit porté jusqu'au bout.
Le patrimoine était déjà là. La reconnaissance était déjà engagée. Reste le travail — et nous entendons le faire.
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